Une nouvelle décision...

 

Nous sommes aujourd'hui le 27/05/2012, cela fait déjà 3 semaines que je suis ici dans la drôme et je suis à J-17 de mon départ pour Barcelone... En attendant, le temps se fait long, très long même s'il est parfois bon de se retrouver seul avec soi même en écoutant des musiques zen à la campagne !

J'ai commencé à faire mon sac à dos, mais que faut-il emmener, difficile de trier pour 6 mois d'absence et surtout si je viens à ne pas revenir tout de suite. Quand je dis que je finirai ma vie avec un sac à dos ! c'est une image, mais là !!! cela aurait tendance à être une certaine réalité du moment qui risque de se prolonger. Pour l'instant, je fais de la couture pour le bateau, je prépare des portes vêtements ou autres en tissus et moustiquaire à suspendre dans les cabines. Je n'ai pas d'appareil photos, alors je vous montrerai ça ultérieurement quand ils seront posés. Et je bronze dès qu'il y a un rayon de soleil pour éviter de trop souffrir de ma blancheur sur le bateau, même si j'ai tout prévu (écran total, biafine et surtout T shirt et chapeau).

Le 5 juin, je quitte Les Gallands pour descendre sur Miramas dire au revoir à mes parents que je risque de ne pas voir pour un petit moment, et rencontrer plusieurs de mes amis dans le Sud que je n'ai vu depuis très longtemps pour la plupart. Finalement, j'ai pris des billets de train pour voyager, je suis trop chargée pour le covoiturage.

Depuis quelques jours, je m'entraine à faire le pain car pendant notre voyage, cela fera partie intégrante de mon travail de matelot, et franchement j'adore ça... Et si vous voulez vous y essayer, un conseil essentiel, ne jamais mettre le sel avec la farine, car cela tue l'efficacité de la levure. Délayer votre levure au fouet dans un peu d'eau, mélanger vos farines à part et ensuite ajouter les à la levure, bien mélanger et là seulement vous pouvez ajouter le sel... Et vous aurez un magnifique pain bien gonflé (à condition également de bien pétrir la pâte afin qu'il n'y ait plus d'air à l'intérieur... ).

Aller, je retourne à ma couture, elle ne va pas se faire toute seule... Alors je vous souhaite une merveilleuse journée ensoleillée ! A bientôt...

 

Mercredi 30/05/2012 - A mes parents, à mes enfants, à mes ami(e)s, à mes ennemi(e)s...

Depuis ce matin, je me pose cette question, vais je vous livrer mes pensées du moment ? Et bien, je me suis dis que oui, car même si elles n'appartiennent qu'à moi, j'ai plaisir à les partager avec les gens que j'aime et qui me le rendent bien. N'est-ce pas aussi le but de ce blog, suivre mes aventures ? Alors, il me semble que mes états d'âme font également partie intégrante de mon histoire et donc de mon devenir...

C'est aujourd'hui que ma vie commence, aujourd'hui que le monde m'appartient, moi qui n'ai plus rien. Le début de mon aventure en solitaire, plus rien ne me retient, peu importe où je vais, mes pas guideront mon chemin au grès du vent, au grès du temps et de mes sentiments. Il fut un passé semé d'embûches, d'incertitudes, de renonciation, mais toujours ce profond désir d'avancer, d'aller plus loin, pour se trouver soi-même, devenir celle que mon âme réclame depuis si longtemps déjà.

Est-ce une folie de tout lâcher sans un sou, à la limite du surendettement ? La question, comme vous je me la suis posée, mais la réponse qui jaillit à mon esprit est toujours la même : Dépassement de soi dans l'adversité. Pourquoi vouloir descendre sciemment aussi bas me direz-vous... On peut se mettre des défits tout au long de la vie sans prendre de risque pour autant. Et bien justement, je n'ai jamais pris aucun risque à mon sens qui en ait valu la peine : fonctionnaire, tout est déjà écrit, articulé. Sûreté de l'emploi, salaire assuré (mais quel salaire !), pour mener à quoi ? fille et soeur de fonctionnaires (pourtant pas notaire), je ne savais pas qu'il fallait reprendre le flambeau aussi dans ce domaine... Et bien non justement, j'ai besoin de changer tout cela, de vivre "ma vie", mes folies, ma sérénité, ma sagesse, tout cela dans un incompréhensible cocktail aux yeux de ma famille. Pourtant, nombreux sont ceux qui m'ont dit envier mon courage. Est-ce vraiment du courage ? Je pense que pour une part oui, il est difficile de prendre une telle décision dans la solitude, personne sur qui s'appuyer. Et c'est là tout l'intérêt de ma démarche, j'ai passé ma vie à chercher des appuis pour compenser mes faiblesses et lorsque cela ne suffisait plus, je les changeais pour en trouver d'autres que je changeais à nouveau, et je n'ai jamais rien compris pour autant à ce qu'il me fallait. Désormais, mon allié est le temps, l'éloignement (je sais, vous pensez tous que fuir n'est pas la solution), mais existe t-il une solution ou une multitude de solutions, est-ce que continuer à vivre une vie qui ne vous convient plus à l'endroit où vous êtes n'est pas une fuite de la réalité, votre réalité. Mon fils vient de me reprocher d'avoir fuit mes responsabilités toute ma vie, d'être une enfant. Et bien, j'ai envie de lui répondre ceci, je préfère être une enfant qui à le coeur léger aux changements et à l'acceptation, qu'il existe d'autres possibilités, d'autres voies dans ce monde que celles que les autres ont décidé de choisir pour toi parce qu'ils n'ont pas eu le courage de le faire pour eux mêmes. Oui, je me remercie d'être jeune et fougueuse, j'ai assumé mes responsabilités avec les moyens qui m'étaient donnés et du mieux que je le pouvais, comme chacun d'entre nous ici bas, mais que l'on ne me répète pas cette rangaine continuelle de fuite. La seule chose que j'ai fuit toute ma vie, c'est le non amour... Cette peur permanente d'être toujours blessée qui m'a fait blesser les autres bien avant que je ne le sois moi même.

Peu importe où l'on va et pour combien de temps, mon unique but est celui de me sonder, de me mettre à l'épreuve, de trouver où est ma vraie force alors que je vis de mes faiblesses. Quitter le monde matériel, l'engourdissement citadin et créer mon espace intérieur, revoir les fondations et jour après jour y construire mon avenir.

Aussi beau que le fond des océans, le flux de mon âme coule inexorablement. Le rêve de l'attente du moment parfait pour être ce que l'on a toujours été, apparaitre enfin à soi sans ne jamais se demander pourquoi, seulement le fait d'exister, d'être là à l'instant précis où tout était écrit. Il y a une part de destin, ce qui a était écrit et ce que j'écris encore aujourd'hui afin de pouvoir écrire la suite un jour, cela est mon libre arbitre.

Sortir d'un sommeil profond qui en dit long sur le passé et que l'aujourd'hui ne peut nier, mais voir enfin vers demain sans jamais se retourner, accepter sans chercher à comprendre vraiment ces instants inachevés, ces rencontres non calculées mais révélatrices de sentiments inoubliés. Transpirer sa vérité profonde l'espace d'un moment, sublimer cet instant et renaitre du temps.

Accepter cet enfant, qui de nous fait le parent de notre inconscient, laisser couler le sang qui jaillit tel un volcan de larmes et rejoint l'océan d'étoiles de notre firmament. Que ce qui doit-être soit, que ce qui n'est pas devienne, que ce que tu ne peux pas t'inspire un nouveau travail à accomplir pour qu'enfin tu sois.

Oublies, tombes et relèves toi à chaque fois comme l'enfant naissant et reconnaissant des leçons reçues par son apprentrissage. Savoures chaque instant comme s'il était le dernier et respires le aussi profondément que s'il était le premier. Car chaque nouvelle respiration amène un nouveau souffle, une nouvelle vie...

Que le trac s'amenuise au son des battements de ton coeur, que l'instant présent soit le refuge de ton innocence immaculée, que chaque vie qui t'est donnée te montre le chemin de l'inachevé, ainsi tu verras, ainsi tu seras.

Le renouveau n'est que le dessein de ce que tu as déjà écrit, mais qu'il te faut reprendre et corriger afin qu'il soit parfait. La mort n'est que l'instant de transition entre toi et maintenant. J'écris ces phrases qui parfois me semblent venir de nulle part, est-ce seulement l'éxutoire d'une nuit perturbée pendant laquelle mon esprit cherche les réponses à mes choix inexpliqués ?

Le temps passe et ne m'oublies jamais... Voir plus loin que la surface, plonger dans l'ombre et se laisser submerger par la volupté de la non pensée. Ouvrir son coeur sans jamais le refermer, l'amour est infiniment grand dans un monde infiniment petit. L'amour guérit nos plaies, la haine laisse entre nous le doute et non la vérité. Le seul remède à tous nos maux est l'Amour que l'on s'accorde à chaque instant de mécontentement, chaque douleur apparente à qui l'on octroit la véritable valeur de notre existence.

Tu es seul maître de ton navire, à toi de le mener à bon port, d'en accepter les tempêtes et les naufrages, de le rebatir et de repartir sur les vagues du temps, le coeur vaillant et plein de grâces d'être toujours vivant. Je suis le fruit de mon imagination et j'écris les pages de ma vie avec la conviction que ce qui est accomplit me grandit, que ce qui est inachevé le sera ici et maintenant, ailleurs et dans le temps. Que la foi m'accompagne à chaque pas, car sans elle je ne serais pas. Si Dieu existe, il est en moi, je le reconnais et le sublime à chaque intervention divine.

Faites de l'Amour votre seul champ de bataille...

Voici ma demeure aux Gallands pour encore quelques mois et ensuite ???