Nouvelle vie à SAUVE - j'espère un village de prédilection !!!

Nous sommes le 05/02/2013 et je vis dans le petit village de Sauve dans le Gard depuis maintenant 1 peu plus d'un mois... En effet, Saint Chamas n'a pas été ce que j'en espérais, parfois les gens qui accueillent n'ont finalement pas tant la capacité de le faire dans leur coeur que ce qu'ils essaient de bien vouloir croire d'eux mêmes... Ce fut donc une expérience supplémentaire intéressante qui m'a permis de rencontrer d'autres personnes et choisir une nouvelle direction en prenant la décision de trouver un appartement pour enfin me reloger et être à nouveau chez moi depuis un an que je n'y étais plus. Mon arrivée à Sauve n'est cependant pas réellement due au hasard, une de mes amies habite très peu loin dans un domaine appelé GOURGAS et travaille dans son atelier à Sauve, petit village médiéval que j'avais eu l'occasion de visiter il y a deux ans lors d'un stage de danse africaine et de ma visite à Laure et Dimitri. Celui-ci m'avait plu et lorsque j'ai commencé à regarder sur le bon coin, il y avait une annonce d'appart que j'ai visité et pris immédiatement. Il y a mieux, mais je me suis dis que j'aurais le temps de voir une fois sur place.

Les ruelles du village étant très étroites, le soleil passe peu par les fenêtres, voir même pas du tout, ce qui fait que je suis à la lumière toute la journée, mais cela m'incite à sortir et me promener sous le beau ciel bleu et chaud de la région.

Les gens ici sont très souriants, accueillants, sympathiques... quel que soit leur âge et leur style ! je retrouve un peu cette mentalité de la Drôme et de l'Ardèche que j'aime tant.

C'est également ici que mon fils Gilian a décidé de me pardonner de mes erreurs d'éducation, de mère non parfaite et c'est avec un plaisir indescriptible que je vous écris ces quelques lignes. Perdre l'amour d'un homme est difficile, mais celui d'un enfant est inacceptable, invivable... Il faut prendre sur soi, aller chercher au plus profond cette patience, cet amour inconditionnel qui vous permet de dire : "je te laisse le choix de vivre ce que tu as envie, de me critiquer et de m'en vouloir si tu le souhaites, mais saches que je t'aime et que je serai toujours là pour toi, ne l'oublie jamais et n'hésite jamais à m'appeler si tu en ressens le besoin...

J'accepte tes ressentis, tes souffrances, tes manques..."

J'aurais juste aimé le savoir au moment où il était nécessaire de le savoir et de peut-être pouvoir changer les choses. En tant que parents nous croyons toujours faire ce qui est bon pour nos enfants, et pourtant !!!

Aujourd'hui, mes difficultés sont autres, en dehors des financières et du non travail pour le moment... Même si j'ai commencé à chercher, il y a ce sentiment d'abandon qui ne me quitte jamais, cette solitude profonde que je vis depuis que mon mari m'a quittée. Au départ, ma dépression a été due à son départ, à ma perte de travail puisque je bossais avec lui, à un nouveau déménagement... Je pensais comme à chaque séparation que cela allait me passer, que je reprendrais le dessus parce que je suis il parait "une femme forte, positive..." mais je m'aperçois qu'avec le temps et la vie que j'ai menée, il est de plus en plus difficile de repartir, de reprendre le dessus et de croire à nouveau. Je n'ai rien voulu prendre pendant cette dépression car je voulais me soigner seule à ma façon, j'ai tout abandonné il y a un an pour partir et faire mon woofing comme vous le savez déjà ! cela m'a beaucoup apporté après ma dernière relation destructrice et destructive.  Je me sens encore fragile, à fleur de peau, je me rends compte que je ne suis peut-être toujours pas guérie de cet abandon. J'ai fait mon deuil de Patrick et je lui souhaite d'être heureux, mais ce sentiment reste ancré en moi si profondément qu'aucun homme n'arrive plus à m'approcher sans voir en lui le risque potentiel qu'il parte et je me renferme.

Cela me fait du bien de vous l'écrire, peu importe qui le lira, peut-être certains s'y retrouveront, certains ne pourront comprendre ou critiquer ou me dire que je ne méritais que cela, peu importe, vous êtes mon exutoire... Même si j'ai pris conscience que cela n'était pas suffisant. Je me suis enfin décidée à consulter... Je crois que si je veux me donner la chance de rencontrer l'amour à nouveau un de ces jours avant qu'il ne soit trop tard, il est temps que je prenne ma vie en main. J'ai donc pris mon 1er rdv psychiatrique pour samedi... Je vous raconterai ça promis !!!

Après m'être demandée si je devais me faire enfermer pour quelques temps, j'ai finalement pris la décision d'y aller un peu plus doucement et je pense que c'est un bon début.

J'attends toujours le résultat après un mois de dépôt de mon dossier de surrendettement... J'espère que je vais avoir des nouvelles rapidement car les mois à venir risquent d'être assez difficiles à vivre ! Ce qui est malheureux dans tout ça, c'est quand je pense à tous ceux qui sont dans la même situation que moi (voire pire encore) dans cette France qui se moque totalement de ses sujets. Mais je me garderai bien de développer ici une opinion politique ou autre sur ce que je pense des gens qui dirigent notre beau pays, quels qu'ils soient.

Bon, je vous quitte pour aujourd'hui, heureuse de vous avoir rendu visite à nouveau... Je vais me promener avant qu'il ne fasse trop froit et trop nuit.

A bientôt, je vous embrasse...

Il est 23h30, j'ai à nouveau envie de vous écrire, je ne sais pas encore quoi... Certainement le vague à l'âme d'un soir de plus en solitaire avec soi même et tous les questionnements que cela implique ! Je n'arrive pas à m'endormir mes pensées me tarodent sans que je puisse vraiment les mettre chacune dans leur case, leur tiroir que je pourrai enfin fermer à double tour et ne plus avoir à ouvrir jamais. Je ne suis même pas certaine que ce soit la solitude qui me pèse, mais plutôt ce sentiment d'inutilité à ma propre personne, et bien oui, je ne me sers à rien... De temps en temps je me donne un coup de pied au cul, un semblant d'énergie apparait et il retombe aussitôt... Oui je sais, cela s'appelle la dépression, cette chose horrible qui vous tombe dessus un jour et dont vous avez l'impression que désormais elle ne vous quittera plus. C'est une guerre perpétuelle entre elle et moi, je ne sais qui va gagner à la fin, j'aimerais tellement que nous devenions alliées plutôt que de jouer à qui perd/gagne. Que nous puissions nous comprendre et avancer ensemble. Mais, je me sens perdue corps et âme sur ce nuage errant dans l'infiniment grand de mon inconscience. Quel ange pourrait-il bien apparaitre plus grand qu'il ne me fut déjà apparu il y a quelques années, afin de me sauver de cette chute toujours plus vertigineuse dans cet abîme toujours plus profond. Pourtant, je sais qu'il est en moi cette force, cette puissance qui me permet de me relever et de rejoindre les miens, la question est surtout de savoir à quel moment elle va surgir et me redonner courage et volonté.

Tant que je suis apte à vous écrire, il me semble que rien n'est encore perdu, que mon cerveau fonctionne au minima. En arrivant à Sauve, je me suis dit que ce serait un village de prédilection avec un nom pareil, et papa m'a fait douter en me disant "Sauve qui peut"... (rire !) Peut-être est-ce lui qui a raison, mais je ne peux l'imaginer ainsi, je reste persuadée que ma bonne étoile est auprès de moi et que si je me prends à désespérer, elle est toujours là à briller dans la nuit afin d'éclairer mon chemin aussi brumeux soit-il.

J'aimerais tellement vous faire rire plutôt que de vous écrire mes états d'âme, et pourtant ce sont d'eux dont j'ai besoin de vous parler aujourd'hui. N'est-il pas l'évidence même que les artistes sont bons parce qu'ils sont tristes, l'inspiration née des émotions et plus particulièrement lorsqu'elles vous touchent aux larmes. Mes larmes ? elles sont présentes en permanence juste au bord de ma paupière infèrieure, peu de choses suffisent à les faire couler, moi qui est toujours les yeux secs quand je porte mes lentilles. Au moins, depuis quelques années je ne peux plus le dire ! Comme quoi, pour bien porter vos lentilles, soyez en dépression !

Un rien m'exaspère, un mot de trop et je suis sur la défensive au point d'en devenir méchante contre toute attente et des personnes ne méritant pas ce châtiment. De quoi ai-je peur ? et oui, c'est bien pour répondre à cette question que j'ai rdv samedi matin... et j'espère qu'il va me trouver une réponse, mais surtout qu'il va m'aider à ne plus avoir à me la poser et pouvoir retrouver mon calme, la sérénité dont je rêve désormais.

Méditer me dites vous ? et bien oui, je pratique autant que mon corps le réclame lorsque là aussi je prends mon courage à deux mains, voyez-vous à quel point cela s'aggrave, même plus le courage de faire ce qui me permets de retrouver la volonté et un instant de pause cérébrale.

Et puis il est temps que je reprenne le travail, la danse... Une vie sociale quoi !!!

Et bien oui, c'est sur ces belles paroles que je vais attendre Morphée, mon ami de chaque nuit, l'ange de mes rêves, le démon de mes cauchemars, grâce à lui j'arrive encore un peu à suivre le cours de ma vie et à prendre les bonnes décisions au bon moment... Il m'a appris à le lire, le décrypter de plus en plus rapidement et cela m'aide énormément. J'évite ainsi de reproduire les erreurs du passé en plongeant tête baissée dans ce qui pourrait, mais qui n'est pas et ne sera jamais...

Bonne nuit à tous et faites de Beaux Rêves... hihihi !!!